Numéro 05
Editorial
Ce cinquième numéro de Publicrell, un varia, regroupe neuf (9) contributions appartenant à cinq (5) champs d’étude différents. Deux de Linguistique, une de Littérature, deux d’Analyse du discours, deux d’Anthropologie et deux de Sociolinguistique.
Sur le plan de la linguistique, Franck Wilfried Dapley LIGBET, met en lumière la désubjectivation comme stratégie rhétorique dans le discours du Leader des Economic Freedom Fighters (EFF) Julius Malema, une figure de proue de l’opposition dans le paysage politique sud-africain, lors de sa visite à la maison Blanche.
Dans une analyse morphologique, Zita Ariane LEGNONGO analyse le jargon des policiers librevillois d’un point de vue morphologique en montrant que bien que ce jargon soit une forme particulière de communication, les unités linguistiques dont il est composé sont issues des procédés morphologiques que l’on retrouve dans des langues ordinaires.
La littérature trouve sa place dans ce numéro, avec l’article de Beverly Aude BOUANGA. A partir d’un extrait de La niña que curó el racismo, elle montre que la traduction littéraire ne se limite pas au transfert lexical, mais qu’elle implique également la restitution de la subjectivité narrative et de la cohésion textuelle. En effet, la voix narrative et les marqueurs discursifs jouent un rôle central dans la construction du sens et de la perception du récit par le lecteur.
En analyse du discours, Alex-Gabriel BOUNDZANGA ONANGA et Paul Achille MAVOUNGOU orientent leur étude sur un type de discours (le discours polémique). L’étude montre que la polémique se traduit par l’usage des schèmes argumentatifs qui soutiennent une opposition. Et qu’ils s’organisent majoritairement entre arguments d’autorité, d’émotion et quelques fois de perfidie fallacieux. A cela, s’ajoutent les arguments d’émotion.
Gloire Céline ESSOLA OBAME et Jeannette Yolande MBONDZI proposent de leur côté, une analyse de la scénographie politique dans le discours de candidature d’Ali Bongo lors de la campagne présidentielle gabonaise de 2023, et montrent que le discours de ce dernier repose sur des mises en scène énonciatives pour légitimer sa posture de Président sortant en quête de réélection.
En anthropologie, Cédric ONDO OBAME par d’un regard croisé d’une ethnoécologie, d’une ethnobiologie aquatique associée à une anthropologie des pratiques langagières pour proposer un inventaire non exhaustif des poissons connus et prélevés en milieux aquatiques fang-ntumu du Gabon. Il met en exergue, les principes de leur catégorisation référentielle endogène.
Dans ce même champ, Face à l’urgence écologique, Alex TSITSY SIJOSCKY dénonce la gestion de la nature par des acteurs internationaux qui imposent des interventions sur des écosystèmes gabonais au détriment des populations locales primo-conservatrices de la nature. Pour résoudre ce problème, il milite pour la valorisation des stratégies endogènes de conservation de la biodiversité dans une « nature vivante », générant de la parcimonie, avec une ouverture aux apports écologiques exogènes compatibles avec les moeurs locales.
En sociolinguistique, Thérèse NZEY MIMBU, aborde la question de la surdité et ses représentations qui, dans la pensée collective, oscillent entre croyance mystique, exclusion sociale et reconnaissance timide d’une identité culturelle. L’article, s’appuie sur l’approche des représentations sociales afin d’analyser la construction imaginaire de la surdité dans la société gabonaise et propose de considérer la surdité non pas sous le prisme du mysticisme mais plutôt sous le symbole de la diversité culturelle et identitaire.
Yves-Marcel YOUANT termine ce numéro en questionnant la transversalité de la notion de langue, et interroge tout autant son rôle et son importance dans le développement durable à l’ère des innovations technologiques (IT). Il traite ainsi, du rôle crucial des langues dans l’accessibilité aux innovations technologiques et à leur compréhension pour un développement durable en Côte d’Ivoire.