Numéro 06
Editorial
Depuis quelques années PUBLICRELL reçoit les articles provenant d’auteurs de diverses universités traitant des problématiques d’horizons différents. Nous maintenons le cap de la confiance placée dans PUBLICRELL, à cet effet, nous poursuivrons l’effort de son l’amélioration constantante. C’est ce souci qui nous a guidé à une muter la Revue vers une Publication en ligne dont la référence est https : //publicrell.crelluob.com/afin qu’elle soit accessible à tous plus facilement.
Ce sixième (6e) numéro de PUBLICRELL est un Varia de dix (10) articles Ils sont répartis en six (6) champs d’étude dont, trois (3) de linguistique, à savoir : morphologie, phonétique et lexicographie. Deux (2) en analyse du discours ; deux (2) en littérature ; un (1) en droit, un (1) en philosophie et un (1) en traduction.
En linguistique
Adonaï Melek BOUKA-AKONGO propose une étude morphologique sur combinabilité des classificateurs nominaux fondamentaux avec différents termes en akwándongonyama (bantu C20). L’étude de la combinabilité met en lumière deux types de nominaux dans deux langues : celles dans lesquelles il y a les termes qui s’emploient sans avoir besoin de classificateur et celles dont l’usage des classificateurs est contraignant.
En phonétique, l’article de Marie-France ANDEME ALLOGO, analyse les erreurs phonétiques chez les apprenants dans la dictée traditionnelle. Elle questionne le profil sociolinguistique diversifié des enseignants de français au Gabon. Elle rappelle que le français, langue officielle du Gabon, est l’unique langue d’enseignement/apprentissage. Il cohabite chez les enseignants gabonais avec les langues gabonaises, et avec les langues des enseignants émigrants. De cette cohabitation résultent les interférences phoniques articulatoires de certains sons du français qui peuvent être sources d’erreurs orthographiques chez les apprenants. L’objectif de cette contribution est alors d’identifier la source de ces erreurs, de les analyser et de proposer quelques solutions pour y remédier.
Guy-Modeste EKWA-EBANEGA nous propose une analyse critique et métalexicographique du traitement de la paraphrase de sens dans le Dictionnaire du Parler Tolibangando (DDPTB). En s’appuyant sur les travaux fondateurs de Wiegand, qui privilégie le terme « paraphrase de sens » à celui de « définition » pour décrire le transfert de sens en lexicographie, l’auteur évalue la conformité du DDPTB aux critères essentiels d’une paraphrase de qualité (complétude, clarté, objectivité) établis par J.B. Lombard (1991).
En analyse du discours
Cécilia Joyce AKOMA MEYE revient sur la crise de la Covid 19, en examinant les pratiques communicationnelles du gouvernement gabonais pendant cette période. .S’inscrivant dans l’analyse des discours médiatique et politique, l’étude a montré que le gouvernement avait mis en place des stratégies de communication qui lui a ont permis de bien gérer cette pandémie A travers les médias, les Ministre de l’intérieur et de la santé ont multiplié les interventions. Ils ont usé de deux types de communication : Celle du le premier était de type dissuasif, celle du second, de type exhortatif.
Dans le même champ, Oumar SACKO propose d’analyser les pratiques discursives en situation de campagne électorale. L’objectif est ici de cerner les stratégies de persuasion des auditeurs dans les discours prononcés à l’occasion des présidentielles de 2010 et 2015 dans la posture énonciative de trois hommes politiques guinéens : Alpha Condé, Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré.
L’étude tente d’abord de cerner de la notion d’ethos, d’en mesurer la portée persuasive dans la construction de l’image de l’orateur politique. Elle décrit ensuite, l’ethos de crédibilité à partir desquels les hommes politiques construisent leur image. Enfin, elle analyse de ces trois types d’ethos de crédibilité (sérieux, vertu, compétence) qui sous-tendent les pratiques discursives à travers un corpus de quelques productions des orateurs politiques susmentionnés.
En littérature
L’article de Scheldon Bellock NGOULOU NGAVOUKA analyse les modalités imaginaires de la réinvention du local chez deux écrivaines dont les trajectoires biographiques sont marquées par des formes distinctes de déterritorialisation. L’étude repose sur l’hypothèse selon laquelle les imaginaires littéraires de la globalisation ne traduisent pas un mouvement d’homogénéisation culturelle, mais, au contraire une dynamique complexe de reconstruction identitaire. Cette dynamique articule, d’une part, le drame intime lié à l’expérience du déplacement et, d’autre part, les conditions sociohistoriques propres au pays d’accueil.
Carine MENGUE MBA engage une réflexion sur le roman policier de Yasmina Khadra intitulé Morituri. Une enquête du commissaire Llob, à l’aune de la notion de l’intertexte. L’encrage de cette analyse dans la notion de l’intertexte, telle que conçue par Bakhtine et Kristeva, (réecriture du réel, emprunts, citations, allusions, etc.) vise entre autre à mettre en évidence le réseau de références socioculturelles, littéraires voire discursives renvoyant à la société algérienne durant les années de plomb. Tout en prenant appui sur les renvois explicites et implicites à la littérature policière occidentale et aux traditions narratives arabes, la recherche démontre comment l’écrivain algérien réinvente le polar francophone, pour en faire un espace dialogique entre les imaginaires, un lieu de résistance et de critique.
En droit
Dans un seul article, le droit trouve sa place dans ce numéro. Menelik ESSONO ESSONO, part de l’étude de concept de « droit » dans deux langues africaines, à savoir le fang et le lingala. ] Il tente de montrer l’intérêt pour les penseurs Africains aujourd’hui, de [réapprendre] ou (se réapproprier) [à puiser] [dans] (la scientificité de leurs langues), [pour] afin de projeter leurs sociétés, après avoir été longtemps dévoyés de leurs paradigmes culturels en tous domaines par le fait colonial. D’un point de vue juridique, l’article interroge certains
paradigmes à la lumière de ces deux langues; souvent porteuses de paradigmes incompatibles avec le mode de vie africain, menacent à long terme, jusqu’à l’existence des identités africaines par un mimétisme nocif.
En philosophie
Jean Aimé SAFOU aborde une réflexion philosophique en s’appuyant sur les débuts de la recherche scientifique en Afrique subsaharienne, pour établir le fait que le développement de la science dans cette partie du monde ne s’est pas fait sur la base de la volonté et de l’effort de pensée des chercheurs et savants Africains ; eux, qui n’ont pu mobiliser les ressources conceptuelles propres ainsi que tous les autres éléments (effort d’essentialisation, d’abstraction, et autres) qui fondent la science de manière générale. L’exigence d’une telle science est qu’elle s’inscrive dans une dynamique d’ensemble, celle d’une conquête du « monde de la vie », qui saisit la plénitude de tous les moments et de toutes les déterminations épistémologiques et historiques capables de la rendre effective. Ce qui implique véritablement un effort de définition et de clarification de ses missions, mais surtout un effort de conceptualisation et de mise en place des moyens de production des savoirs en essayant de saisir au mieux, par ailleurs, l’antériorité de la pensée créatrice africaine.
En traduction
La traduction clos ce numéro avec l’article de Theodorine NTO AMVANE. L’article aborde les questions de transcription des productions du récit fang pour produire un texte écrit linéaire littéraire ?1 qui exige de connaître la culture de ce peuple. En partant de la définition « pour la traduction, la transcription du texte oral nous autorise à sortir de la théorie de l’intraduisible » de Paul Ricœur, l’étude pose le problème de la transcription/traduction du récit fang afin de montrer la visée ethno-traductologique dont la méthode permet de passer d’un système culturel à un autre avec l’intention de produire les mêmes effets.