FRANCK WILFRIED DAPLEY LIGBET
Université Jean Monnet (France)
franckwili2013@gmail.com
Télécharger l’article complet ici
Résumé : La présente étude met en lumière la désubjectivation comme stratégie rhétorique dans le discours de Julius Malema. Leader des Economic Freedom Fighters (EFF), Julius Malema est une figure de proue de l’opposition dans le paysage politique sud-africain. Qualifié de nationaliste noir, l’adversaire direct de l’actuel président sud-africain Cyril Ramaphosa est considéré comme un révolutionnaire panafricain. Lors de sa visite à la Maison Blanche, Cyril Ramaphosa fait l’objet d’un traitement méprisant de la part de son homologue Donald Trump, qui lui suggère d’arrêter Julius Malema, le qualifiant d’instigateur d’un prétendu génocide de la minorité blanche d’Afrique du Sud. En réponse aux allégations du président américain, le leader de la gauche radicale sud-africaine prononce un discours subjectif, mais le tient pour objectif : il s’agit d’un discours désubjectivé. L’objectif de cet article est d’identifier et d’analyser les outils et procédés de désubjectivation dans un discours politique sud-africain.L’analyse est menée à la lumière de la théorie du camouflage de Tim Newark (2007) et de la rhétorique de Clément Viktorovitch (2021). Ces théories mettent en évidence les stratégies discursives employées par les locuteurs pour dissimuler leur subjectivité dans leur discours. Parmi les outils et procédés de désubjectivation utilisés par Julius Malema, citonsl’argument d’autorité, l’argument de communauté, l’alternance codique, la dénégation et les sophismes, notamment la généralisation hâtive, la pente glissante et l’homme de paille.
Mot clés : camouflage, défense, désubjectivation, rhétorique, subjectivité.