JEAN AIME SAFOU
Université Omar Bongo/Libreville-Gabon
Centre d’Etude et de Recherche en Philosophie
CERP
Email : aimeraud99@gmail.com
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Résumé : En s’appuyant sur les débuts de la recherche scientifique en Afrique subsaharienne, cette réflexion cherche à établir le fait que le développement de la science dans cette partie du monde ne s’est pas fait sur la base de la volonté et de l’effort de pensée des chercheurs et savants Africains ; eux, qui n’ont pu mobiliser les ressources conceptuelles propres ainsi que tous les autres éléments (effort d’essentialisation, d’abstraction, et autres) qui fondent la science de manière générale. L’exigence d’une telle science est qu’elle s’inscrive dans une dynamique d’ensemble, celle d’une conquête du « monde de la vie », qui saisit la plénitude de tous les moments et de toutes les déterminations épistémologiques et historiques capables de la rendre effective. Ce qui implique véritablement un effort de définition et de clarification de ses missions, mais surtout un effort de conceptualisation et de mise en place des moyens de production des savoirs en essayant de saisir au mieux, par ailleurs, l’antériorité de la pensée créatrice africaine. Cela suppose aussi, et finalement, le rejet définitif de l’idée selon laquelle, la science est exclusivement la « chose du Blanc ».
Mots clés: Afrique, conceptualisation, conquête, développement, moyens de production des savoirs, science.
Abstract: Building on the beginnings of scientific research in sub-Saharan Africa, this reflection seeks to establish the fact that the development of science in this part of the world was not based on a desire and a real effort of thought of African researchers and scientists; they who have been unable to mobilize their own conceptual resources as well as all the other elements (effort of essentialization, of abstraction, and others) which are the basis of science in general. The requirement of such a science is that it complies with the overall dynamic, that of a conquest of the « world of life », which captures the fullness of all moments and all epistemological determinations and historical records capable of making it effective. This truly implies an effort to define and clarify its missions, but above all an effort to conceptualize and to put in place the means of production of knowledge by trying to best grasp, moreover, the precedence of African creative thought. It also implies, and ultimately, the definitive rejection of the idea that science is exclusively the « white man’s thing ».
Keywords: Africa, conceptualization, conquest, development, means of production of knowledge, science.